La
création du « teatr piba » est la suite logique des rencontres &
collaborations de différents artistes, comédiens, musiciens,
metteurs en scène ayant en commun la langue bretonne, et dont les
parcours croisés et les expériences partagées les ont conduit à
un même désir: un théâtre en breton, contemporain & vivant.
Nous plaçons nos exigences et objectifs
au niveau artistique en
premier lieu, sans dénier l'importance d'un travail sur la langue,
et nous souhaitons travailler dans une perspective créative
contemporaine ouverte.
Au delà du défi posé par l'utilisation
d'une langue minoritaire -avec tout ce qu'implique un tel postulat-,
nous souhaitons interroger une époque qui, dans un contexte
politique et social difficile, semble plus favorable à un
nivellement culturel global qu'à l'émergence de particularismes et
à la subsistance de formes artistiques singulières -voire,
subversives-.Pourquoi alors est-il important de faire entendre les
voix des minorités, tout en assumant parfaitement la réalité et la
richesse des métissages et des échanges?
Les premiers chantiers
de créations du teatr piba posent les bases d'une ligne artistique
mouvante, polymorphe... revendiquée comme telle. Ils soulignent
l'importance du travail sur un univers poétique qui nous est propre,
un univers singulier... et dont les références empruntent aussi
bien au théâtre qu'au cinéma, à la musique, à la bande-dessinée,
à
la poésie... à la littérature enfin. Un travail avec des
comédiens, musiciens, danseurs, plasticiens doit nous permettre
d'évoluer sur cette frontière mouvante à mi-chemin du cabaret,
du
théâtre, de l'opérette ou de formes plus contemporaines, dans
lesquelles l'objet même du 'dialogue' avec le public peut-être
source de création.
Nous faisons du travail sur le choeur, sur le
corps et la voix de l'acteur les éléments essentiels de notre
ligne, précisément parce qu'ils contiennent en germe nos
questionnements, qu'ils constituent une transposition claire et
puissante des questions d'identités. Choeur & histoire chorale,
du singulier au collectif transposés au plateau. La puissance du
choeur, comme pour mieux faire entendre les voix singulières, les
petites histoires, chaque petite voix.
La langue, les langues -
bien sûr, sont au coeur de notre travail.
Tout d'abord, parce que
la langue bretonne, nous en sommes convaincus, est porteuse d'un
imaginaire, d'une certaine vision poétique du monde, qui témoigne
encore d'un lien "privilégié" avec les éléments &
la nature. Par ailleurs, parce qu'elle cultive de fortes
particularités dialectales, la langue bretonne appelle sans cesse un
à travail sur les musicalités, les rythmes, des prosodies
particulières, dont la richesse de la création musicale bretonne
peut témoigner.
Mais également en ce qu'elle pose selon nous un
véritable défi: comment donner à entendre ce théâtre au delà
des frontières -réelles ou plus abstraites- fixées par la langue
-la fameuse ligne Loth-? Car comment mettre en scène, en effet, la
restitution d'une parole, d'une dramaturgie, en dépassant des formes
qui pour être "efficaces" -sur-titrage, oreillettes
proposant une traduction "simultanée"-, n'en sont pas
moins froides, voire chirurgicale, lorsqu'elles se rapportent au
spectacle? Le défi à relever ici est-il donc technologique?
Artistique? Linguistique?
L'énergie, le corps et la présence de
l'acteur peuvent-ils nous permettre de dépasser ce 'problème' posé
par la langue? Ici encore, la question reste ouverte.
Nous voulons
penser notre travail comme parti prenante d'un pays -Bro-, car nous
défendons l'idée d'un théâtre vivant, fait de contacts, de ces
liens concrets qui ne peuvent se dessiner qu'avec le temps et que
seule une implantation durable peut favoriser, permettant ainsi à la
création artistique de prendre tout son sens. Les premiers projets
de la
compagnie esquissent en même temps un parcours voyageur,
résolument tourné vers le 'reste du monde'... Car nous savons
l'importance du va et vient, entre territoire et exil, ne serait-ce
que parce qu'il est moteur de la création artistique, moteur des
visions poétiques, en fragile mais précieux équilibre entre cette
géographie du pays natal et celle de l'imaginaire.
D'après Youenn GWERNIG création mai 2010 Labourva n°1
L'idée de 'laboratoire DIRI DIR'
(LABOURVA en langue bretonne) fait suite à un stage création que
nous avions mis en place dans le cadre du Festival Kann al Loar 2009 (http://www.kann-al-loar.com/).
Ce travail se proposait d'explorer la matière littéraire du poème
bilingue (breton-anglais) "An diri Dir" (Les escaliers
d'acier) écrit par Youenn Gwernig dans les années 70. Un long
poème-déambulation où l'auteur livre entremêlés le spectacle de
la rue new-yorkaise tandis que le métro l'emmène sur son lieu de
travail, des reminiscences de son enfance bretonne et fugacement,
l'ébauche de thèmes mythologiques transculturels comme la figure
ambigüe de Tiresias.
Mise en scène : Thomas Cloarec
Aide
à la mise en scène et à la dramturgie: Stéphane Leucart
Texte
: Youenn Gwernig
Musique et son: Jérôme Kerihuel
Scénographie
: Saïg Ollivier & Thomas Cloarec
Distribution : Tony
Foricheur, Lleuwen Steffan
Création lumière : Thomas
Cloarec
Vidéo: Saïg Ollivier
Chargé de production : teatr
piba
Photographies : Anne-Sophie Zika
D'Erwan CLOAREC création Octobre 2010 un cabaret
C'est un lieu aux contours mal définis, une lisière d'ordures entre un monde touffu d'ancêtres encombrants et un monde policé et lissé à la crème antirides, camisolé d'oubli. Là s'entassent les migrants, dans l'attente d'un passeur, d'un passage, de quelque chose de neuf, n'importe quoi pourvu que ça change. Et ils migrent les migrants, par grappes, par wagons, par pelletées, par trains ou cargos, par brouettées ou en guirlandes, parce qu'ils sont des migrants. Et il y en a qui choisissent de rester, de cesser de migrer, de demeurer entre deux eaux jusqu'à ce que mort s'ensuive : ni de là-bas, ni d'ailleurs, ils sont de là où les mènent leurs pas. Et là où ils sont, ils construisent ensemble leur propre histoire, leur propre mythologie. Avec leurs mains sales et leurs langages avariés, ils inventent leur propre vie, les résidents d'Eden Bouyabès, et ils accueillent toutes et tous dans leur Bretagne de ferraille. Et ils s'en tamponnent que leur Bretagne ne soit pas homologuée, leur langue estampillée comme telle. Sous leurs pieds ils enterrent les morts, d'où qu'il viennent, ils pardonnent à tous les pêcheurs, recyclent les vies misérables en destins solaires, les rêves chétifs en mythes pour le printemps, l'été, l'automne ou l'hiver.
Mise en scène : Thomas Cloarec
Texte
: Erwan Cloarec
Assistante à la mise en scène: Martina
Filipova
Musique : Jérôme Kerihuel, Fred Boudineau, Pascal
Cuff
Scénographie et réalisation des décors : Nadège Renard,
Jean-Michel Appriou
Costumes : teatr PIBA
Distribution : Loeiza
Beauvir , Marion Gwenn, Tangi Daniel, Tony Foricheur, Lleuwen
Steffan, Aziliz Bourgès
Création lumière : Stéphane
Lebel
Régie son : Eric Péron
Chargé de production : teatr
piba
Photographies : Anne-Sophie Zika
Responsable : Thomas Claorec / Tony Foricheur
Maison des associations 53, impasse de l’Odet
29000
Quimper
Tél. : 0638680184
teatr.piba
gmail.com
http://teatrpiba.com/index.php?lang=br
Licence de spectacle 2-1031980 & 3-1031978